Mongine
Créée en 2006 par Jacques Roubaud
Définition
La mongine est une cousine de la n-ine. Elle repose sur une permutation identifiée au XVIIIè siècle par Monge pour décrire une manière de battre les cartes qui permet de retrouver au bout d'un certain nombre de permutations la situation initiale. Cette permutation est décrite sous le terme "battement de Monge".
définition
soit n un entier, on considère la permutation suivante m sur 2n événements
1 2 … … 2n-1 2n
m
n+1 n n+2 n-1 2n 1
Si m est d’ordre 2n, on dit que le problème de la mongine est soluble. La m-ine de n est une forme poétique comportant 2n strophes, chacune de 2n vers, chaque vers terminé par un mot-rime. Les 2n mots-rimes sont tous distincts et ne riment pas entre eux. ils permutent de strophe en strophe selon la permutation m. (un envoi, ou ‘tornada’, facultatif se compose de n vers, chacun d’eux contenant 2 des mots-rimes)
exemple n=3 ; 2n=6. Dans ce cas, la permutation est :
1 2 3 4 5 6
4 3 5 2 6 1
Mongine de 3
I
je commence une mongine
elle sera sans doute la première
de son espèce sa définition
se voit en elle, et dans ce qu’elle dit
comme une sextine elle aura six strophes
dans chaque strophe il y aura six vers
II
en notant ce qui est dit
on pourra poser sa définition
on connaît déjà le nombre des strophes
(renseignement donné dès la première)
et ce nombre, six, est celui des vers
dont se pare une strophe de mongine
III
la III, comme la première
a un premier vers de sept ‘pieds’, les strophes
ont toutes cette propriété : vers
un, sept syllabes, par définition
pareille à la sextine est la mongine
sur ce point. notez bien ce qu’on vous dit
IV
pour notre définition
le modèle est celle d’Arnaut, les vers
autres que les premiers dans la mongine
ont dix syllabes dans toutes les strophes
maintenant je vous ai presque tout dit
chaque strophe reproduit la première
V
les mots-rimes de ces strophes
d’une manière propre à la mongine
sont déplacés, permutés (Guilbaud dit
‘tropical’ le ‘bougé’ de tous les vers
qui ‘signe’ des sextines la première)
déterminant la séquence des strophes*
VI
la ‘tourne’ des fins de vers
crée le ‘désordre ordonné’ qui est dit
une caractéristique première
de la sextine et vaut pour la mongine
également par sa définition
pour vous exposée ici en six strophes
tornada
tout est dit. fin de la définition
des six strophes : cinq après la première
trente neuf vers qui font cette mongine
* un clinamen? "pour satisfaire à la définition", plutôt
Remarque : les entiers pour lesquels la mongine existe sont exactement les nombres de queneau pairs. (voir la séquence A019567 de l’Encyclopédie de Sloane)